Salarié avec voiture de fonction : ce que change l’avantage en nature véhicule 2026

L’arrêté du 25 février 2025 a redessiné le traitement fiscal et social du véhicule de fonction mis à disposition des salariés. Pour les véhicules attribués à compter du 1er février 2025, les taux forfaitaires ont augmenté de façon marquée sur les motorisations thermiques et hybrides, tandis que l’électrique conserve un régime distinct. Mesurer l’écart entre l’ancien et le nouveau barème permet de comprendre ce qui change réellement sur la fiche de paie en 2026.

Barème forfaitaire avantage en nature véhicule : ancien régime contre nouveau régime

Le point de bascule est la date de mise à disposition. Un véhicule confié avant le 1er février 2025 reste soumis aux anciens taux. Celui attribué à partir de cette date relève du nouveau barème. Cette coexistence de deux régimes complique la gestion de paie pour les entreprises qui renouvellent leur flotte progressivement.

Lire également : Rupture de la période d'essai par l'employeur : règles 2026

Situation Ancien forfait (avant 01/02/2025) Nouveau forfait (à partir du 01/02/2025)
Véhicule thermique/hybride acheté, sans carburant pris en charge 9 % du prix d’achat (jusqu’à 5 ans) ou 6 % (plus de 5 ans) Taux relevés par l’arrêté du 25/02/2025
Véhicule thermique/hybride acheté, carburant pris en charge 9 % + frais réels carburant ou 12 % global Taux relevés par l’arrêté du 25/02/2025
Véhicule 100 % électrique Abattement spécifique maintenu Régime favorable conservé avec abattement

La hausse des taux forfaitaires pour les véhicules thermiques et hybrides constitue la plus importante révision depuis plus de vingt ans. Pour un même véhicule acheté, le montant réintégré dans l’assiette de cotisations et sur le bulletin de paie augmente mécaniquement.

Salariée analysant sa fiche de paie et l'avantage en nature voiture de fonction à son bureau en open space

A lire également : Période d'essai en contrat d'apprentissage : règles 2026

Traitement fiscal et social du véhicule de fonction : ce que l’employeur déclare

L’avantage en nature véhicule s’ajoute à la rémunération brute du salarié. Il supporte les cotisations sociales patronales et salariales, la CSG et la CRDS. Il entre aussi dans le revenu imposable du salarié. Pour l’entreprise, cela signifie un coût employeur qui dépasse le seul prix du véhicule.

Deux méthodes d’évaluation au choix de l’employeur

L’entreprise choisit librement entre le forfait et les dépenses réelles, et peut changer de méthode d’un exercice à l’autre.

  • La méthode forfaitaire applique un pourcentage fixe sur le prix d’achat ou le coût annuel de location, selon que l’employeur prend ou non en charge le carburant.
  • La méthode au réel additionne l’ensemble des coûts supportés par l’entreprise (amortissement, assurance, entretien, carburant) puis applique le ratio d’utilisation personnelle du salarié.
  • Le choix de la méthode a un impact direct sur le montant de l’avantage : le forfait peut se révéler plus avantageux pour un véhicule ancien, le réel pour un véhicule peu utilisé à titre privé.

Avec la hausse des taux forfaitaires, la méthode au réel devient plus souvent compétitive pour les véhicules thermiques récents. Un employeur qui ne recalcule pas risque de surcharger inutilement la paie de ses salariés.

Véhicule électrique de fonction : un écart fiscal qui oriente les choix de flotte

L’arrêté maintient un abattement spécifique pour les véhicules 100 % électriques mis à disposition. L’objectif est affiché : rendre l’électrique fiscalement plus attractif que le thermique à usage équivalent.

En revanche, cet avantage fiscal ne couvre pas l’ensemble du coût total de détention. L’entreprise doit aussi intégrer d’autres paramètres pour arbitrer le passage à l’électrique.

  • Le malus CO₂ et le malus au poids se durcissent en parallèle sur les véhicules thermiques, ce qui alourdit le coût d’acquisition.
  • La taxe annuelle sur les émissions de CO₂ applicable aux véhicules de société augmente aussi pour les motorisations les plus polluantes.
  • La récupération de TVA sur l’électricité de recharge reste un levier supplémentaire par rapport au carburant fossile, pour lequel la récupération est partielle sur l’essence.

L’écart de coût global entre thermique et électrique se creuse sous l’effet combiné de l’avantage en nature et de la fiscalité automobile. Limiter l’analyse au seul barème forfaitaire donne une image incomplète du surcoût réel d’un véhicule thermique de fonction en 2026.

Borne de recharge : un avantage en nature distinct

Lorsque l’employeur prend en charge l’installation d’une borne de recharge au domicile du salarié, cet équipement constitue un avantage en nature évalué séparément. Un dispositif d’exonération ou d’évaluation réduite existe pour les bornes liées à un véhicule électrique de fonction, ce qui renforce encore le différentiel fiscal.

Réunion entre un salarié et un conseiller RH pour discuter de l'avantage en nature véhicule de fonction et de la fiscalité 2026

Impact sur la fiche de paie du salarié : lire les nouvelles lignes

Sur le bulletin de paie, l’avantage en nature véhicule apparaît en haut, ajouté au salaire brut, puis déduit en bas dans le net à payer. Le salarié ne perçoit rien de plus en trésorerie, mais son assiette imposable augmente.

Avec les nouveaux taux, un salarié disposant d’un véhicule thermique de fonction verra son revenu fiscal de référence progresser par rapport à la situation antérieure, toutes choses égales par ailleurs. L’effet se répercute aussi sur le taux de prélèvement à la source.

Pour un véhicule électrique, l’abattement réduit cette progression. Le différentiel sur le net imposable entre un véhicule thermique et un véhicule électrique de valeur comparable s’élargit donc en faveur de l’électrique.

Coût employeur du véhicule de fonction en 2026 : arbitrer entre forfait et réel

L’employeur supporte les cotisations sociales calculées sur le montant de l’avantage en nature. Plus le forfait est élevé, plus le coût salarial global grimpe sans que le salarié y gagne en pouvoir d’achat.

Recalculer chaque année la méthode d’évaluation la plus favorable n’est pas une option cosmétique. Avec l’écart entre ancien et nouveau barème, un véhicule thermique mis à disposition en 2025 sous méthode forfaitaire peut générer un surcoût de cotisations significatif par rapport à une évaluation au réel, si l’usage privé reste limité.

La réforme de l’évaluation forfaitaire n’est pas un ajustement isolé. Elle s’insère dans un durcissement fiscal global sur les véhicules thermiques de société, du malus à l’achat jusqu’à la taxe annuelle sur les émissions. L’arbitrage entre motorisation et méthode d’évaluation conditionne désormais le coût réel d’une politique de véhicules de fonction.

À propos de l'auteur
Camille Forestier est rédactrice spécialisée en droit des entreprises et formalités administratives. Elle décrypte le droit du travail, les démarches de création d'entreprise et la vie juridique des TPE-PME pour les rendre accessibles aux dirigeants.

Nos recommandations