Mentions légales : exemple et modèle pour votre site

Tout site internet accessible depuis la France doit afficher des mentions légales. La loi pour la confiance dans l’économie numérique (LCEN) du 21 juin 2004 pose cette obligation, quel que soit le statut de l’éditeur.

Les modèles gratuits que l’on trouve en ligne donnent une base, mais ils posent un problème récurrent : copiés sans adaptation, ils omettent des informations que la loi exige selon le type d’activité, le statut juridique ou le secteur réglementé. Un modèle de mentions légales incomplet expose à des sanctions, et surtout, il ne protège pas le dirigeant qui croit être en règle.

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Mentions légales site internet : ce que la loi exige vraiment selon le statut

La LCEN distingue deux catégories d’éditeurs. Les personnes morales (SARL, SAS, association loi 1901) doivent indiquer leur dénomination sociale, leur forme juridique, le montant du capital social, l’adresse du siège, le numéro d’inscription au RCS ou au répertoire des métiers, et le numéro de TVA intracommunautaire si elles y sont assujetties.

Les personnes physiques exerçant à titre professionnel (micro-entrepreneurs, freelances) doivent mentionner leur nom, prénom, adresse de domiciliation et coordonnées de contact. Un auto-entrepreneur peut indiquer une adresse de domiciliation commerciale plutôt que son adresse personnelle, ce que beaucoup ignorent.

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Dans les deux cas, il faut ajouter le nom du directeur de la publication et les coordonnées de l’hébergeur du site (nom, raison sociale, adresse, numéro de téléphone). Un moyen de contact effectif (email ou formulaire) est également requis. Le site service-public.fr détaille ces obligations par profil et constitue la référence la plus fiable pour vérifier la liste applicable à votre situation.

Adapter un modèle de mentions légales : freelance, PME, e-commerce ou association

Le piège des modèles génériques tient à leur caractère universel. Ils couvrent le socle commun, mais pas les mentions spécifiques liées à certaines activités ou structures. Voici les écarts les plus fréquents selon le profil de l’éditeur.

Avocat ou juriste rédigeant les mentions légales d'un site web sur un ordinateur portable

Freelance et micro-entrepreneur

Un freelance qui exerce une activité réglementée (architecte, expert-comptable, avocat) doit mentionner l’ordre ou l’organisme professionnel auquel il est inscrit. Les règles professionnelles applicables et le titre professionnel avec le pays d’obtention figurent aussi parmi les obligations.

Un modèle standard ne prévoit jamais ces champs. Un freelance non inscrit à un ordre professionnel n’est pas concerné par ces mentions supplémentaires, mais doit tout de même vérifier si son activité relève d’une réglementation sectorielle particulière.

PME en société

Au-delà du socle commun, une SARL ou une SAS doit préciser le capital social exact, le numéro RCS suivi du nom de la ville du greffe, et le numéro de TVA intracommunautaire. Oublier le numéro de TVA intracommunautaire est l’erreur la plus courante sur les sites de PME.

Le nom du directeur de la publication doit correspondre au représentant légal de la société. Une erreur fréquente consiste à indiquer le responsable technique du site ou le webmaster à la place du gérant ou du président.

Site e-commerce

Les obligations s’alourdissent nettement pour un site qui vend en ligne. Les mentions légales doivent être complétées par les conditions générales de vente (CGV), mais la page de mentions légales elle-même doit contenir des informations supplémentaires :

  • Le numéro d’inscription au registre du commerce ou au répertoire des métiers, avec la ville du greffe ou de la chambre
  • Les coordonnées du service de médiation de la consommation auquel le professionnel est rattaché, conformément au Code de la consommation
  • Les conditions de rétractation et de remboursement, qui peuvent figurer dans les CGV mais doivent être accessibles depuis la page mentions légales

Confondre mentions légales et CGV reste un classique. Ce sont deux documents distincts, même si un lien croisé entre les deux pages est recommandé pour faciliter la navigation du visiteur.

Association loi 1901

Une association qui publie un site doit indiquer le nom de l’association, son siège social, le nom du directeur de la publication (souvent le président), et les coordonnées de l’hébergeur. Une association n’a pas de numéro RCS ni de capital social, donc ces champs d’un modèle standard doivent être supprimés, pas laissés vides ou remplis avec des données fantaisistes.

Si l’association collecte des dons en ligne, elle doit aussi préciser son objet social et, le cas échéant, sa capacité à émettre des reçus fiscaux. Ces éléments relèvent autant de la transparence que de l’obligation légale.

Données personnelles et cookies : les mentions que les modèles oublient

Depuis l’entrée en application du RGPD, les mentions légales ne peuvent plus se limiter à l’identification de l’éditeur. La page doit indiquer, ou renvoyer clairement vers une politique de confidentialité qui précise :

  • L’identité du responsable du traitement des données personnelles et ses coordonnées
  • Les finalités de la collecte (formulaire de contact, newsletter, suivi analytique)
  • La base juridique du traitement (consentement, exécution d’un contrat, intérêt légitime)
  • La durée de conservation des données
  • Les droits des utilisateurs (accès, rectification, suppression, portabilité) et la manière de les exercer

Sur la question des cookies, la CNIL impose un bandeau de consentement distinct. Les modèles de mentions légales qui intègrent une clause « ce site utilise des cookies » sans mécanisme de recueil du consentement ne respectent pas les lignes directrices actuelles. La mention des cookies dans les mentions légales ne remplace pas un bandeau de consentement conforme.

La page de référence sur legifrance.gouv.fr pour la LCEN reste l’article 6 de la loi n° 2004-575, qui détaille précisément les informations à fournir selon la nature de l’éditeur.

Écran d'ordinateur affichant une page de mentions légales avec clavier et notes manuscrites

Activités réglementées : mentions légales spécifiques souvent absentes

Certaines professions doivent faire figurer des informations que les modèles génériques ne prévoient pas du tout. Les retours terrain montrent que cette catégorie concentre le plus d’oublis.

Un professionnel de santé exerçant via un site vitrine doit mentionner l’autorité ayant délivré l’autorisation d’exercice. Un agent immobilier doit indiquer le numéro de sa carte professionnelle, la chambre de commerce qui l’a délivrée, et le nom de son garant financier.

Un site proposant des services financiers ou d’assurance doit afficher les coordonnées de l’organisme de tutelle compétent. Ces mentions varient d’un secteur à l’autre, ce qui rend tout modèle unique structurellement insuffisant pour ces professions.

Un modèle copié sans vérification du cadre sectoriel peut être juridiquement insuffisant, même s’il couvre le socle commun de la LCEN. La vérification auprès de l’ordre professionnel ou de la fédération du secteur reste le seul moyen fiable de garantir l’exhaustivité des mentions.

Sanctions et contrôles : ce que risque un site sans mentions légales conformes

L’absence de mentions légales ou leur caractère incomplet constitue une infraction pénale. Pour les personnes physiques, la LCEN prévoit une peine pouvant aller jusqu’à un an d’emprisonnement et une amende. Pour les personnes morales, l’amende peut être multipliée.

En pratique, les poursuites pénales pour défaut de mentions légales restent rares pour les petits sites. En revanche, les signalements à la DGCCRF dans le cadre du e-commerce sont plus fréquents, et un concurrent ou un client mécontent peut déclencher une procédure.

Le risque réel est moins la sanction pénale que la perte de crédibilité face à un partenaire, un investisseur ou une administration qui consulte le site. Un site sans mentions légales complètes envoie un signal de négligence qui dépasse le cadre juridique.

Exemple de mentions légales pour un site professionnel

Plutôt qu’un modèle unique à copier, voici la structure à suivre, adaptée au cas d’une PME en société exploitant un site vitrine :

Éditeur du site : [Raison sociale], [Forme juridique] au capital de [montant] euros, immatriculée au RCS de [Ville] sous le numéro [numéro], siège social : [adresse complète]. Numéro de TVA intracommunautaire : [numéro]. Directeur de la publication : [Nom, Prénom]. Coordonnées : [email], [téléphone].

Hébergeur : [Raison sociale de l’hébergeur], [adresse], [téléphone].

Propriété intellectuelle : l’ensemble du contenu du site (textes, images, vidéos) est protégé par le droit d’auteur. Toute reproduction sans autorisation préalable est interdite.

Données personnelles : [renvoyer vers la politique de confidentialité avec lien]. Le responsable du traitement est [Raison sociale]. Pour exercer vos droits, contacter [email dédié].

Pour un freelance, supprimer la ligne capital social et RCS, ajouter le numéro SIRET et, le cas échéant, les mentions liées à l’activité réglementée. Pour une association, remplacer la forme juridique par « Association loi 1901, déclarée en préfecture de [ville] ».

Chaque modèle doit être relu à la lumière du statut réel de l’éditeur et du type d’activité exercée via le site. Un copier-coller non vérifié reste le premier facteur de non-conformité, bien devant la méconnaissance de la loi elle-même.

À propos de l'auteur
Camille Forestier est rédactrice spécialisée en droit des entreprises et formalités administratives. Elle décrypte le droit du travail, les démarches de création d'entreprise et la vie juridique des TPE-PME pour les rendre accessibles aux dirigeants.

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